
Meuhtropolis, Canada
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De moins en moins de lait, de beurre, de fromage et de crème glacée se retrouvent dans le panier d'épicerie du consommateur en raison des prix élevés des produits laitiers canadiens. Et la tendance va en s'amplifiant, alimentée par des facteurs comme la population vieillissante, la diversité ethnique et l'offre croissante d'une gamme de produits alternatifs tels que les boissons au soya et les jus additionnés de calcium. Depuis les 25 dernières années, la consommation de lait liquide a chuté de plus de 18 pour cent 02, et l'on prévoit qu'elle baissera encore de 15 pour cent d'ici 2020 03. Quant aux achats de beurre et de crème glacée, on parle d'une baisse de 30 et de 24 pour cent respectivement depuis 25 ans, alors que la consommation de cheddar n'a pu faire mieux qu'une faible augmentation de moins de 2 pour cent depuis 1980. 04. Les troupeaux de bovins laitiers sont en déclin, passant de 1,4 million de têtes à un peu plus de 1 million depuis le début des années 1990, alors que les troupeaux porcins et bovins de boucherie sont en pleine expansion 05. Bien que l'on explique cette expansion par le nombre croissant d'établissements d'élevage, la baisse de la demande de produits laitiers en est toutefois largement responsable. À l'inverse, la courbe ascendante de la demande mondiale en produits laitiers connaît des bonds spectaculaires suivant l'amélioration des revenus dans plusieurs pays en développement. Entre 1995 et 2004, la consommation mondiale de lait liquide a augmenté de 7 pour cent. Dans la même période de 10 ans, la consommation de produits laitiers industriels comme le fromage et le beurre a fait un bond de 21 pour cent. Et la tendance se maintiendra : tout indique que la consommation mondiale de lait augmentera de près de 12 pour cent d'ici 2015 et celle du fromage dépassera le 14 pour cent. Des pays comme la Chine, l'Argentine, le Mexique, le Brésil, la Colombie, l'Inde et l'Ukraine profiteront tous d'un gain dans les deux chiffres pour ce qui est de la demande en lait. 06. Mais ces marchés internationaux demeurent hors de portée des producteurs laitiers canadiens. L'industrie laitière a préféré un marché national protégé mais à la baisse aux occasions d'affaires offertes par l'exportation. Les tarifs d'importation de plus de 300 pour cent empêchent l'entrée sur le marché canadien de produits laitiers étrangers et permettent à l'industrie laitière de fixer les prix bien au-dessus des niveaux mondiaux. Ce protectionnisme a toutefois une contrepartie : les producteurs laitiers canadiens ne peuvent exporter leurs produits vers d'autres pays. Confrontées à un marché national en décroissance, à la résistance à la hausse des prix et à l'incapacité d'accéder à de nouveaux marchés, les perspectives d'avenir de l'industrie laitière se cantonnent dans la morosité. En tant que restaurateurs et fournisseurs de services alimentaires dont la santé commerciale repose sur plusieurs facteurs dont la grande qualité et la fraîcheur des produits laitiers canadiens, l'état de crise permanent dans l'industrie laitière nous préoccupe tout particulièrement. Nous voulons travailler avec l'industrie laitière à la croissance du marché et au positionnement sur la scène internationale d'une industrie canadienne concurrentielle et dynamique. Nous sommes convaincus de sa capacité à devenir un chef de file et un moteur de l'économie mondiale. Après tout, le Canada est un pays exportateur. Plus de 80 pour cent de l'industrie agricole canadienne est axé sur l'exportation. Et on travaille à augmenter ce pourcentage. Mais d'autres exploitants agricoles sont victimes de l'entêtement des producteurs laitiers. Parce que le Canada ne permet pas l'importation de produits laitiers, ces exploitants se voient refuser l'accès aux marchés internationaux du boeuf, de grains, d'oléagineux et autres. Équitable, pensez-vous ? Au sein de l'industrie laitière et de la clientèle, la pression augmente en faveur d'une réforme du système. Ci-dessous, une stratégie en trois points s'attaquant aux changements de cap nécessaires pour revitaliser l'industrie canadienne du lait et lui assurer une viabilité à long terme : ![]() 1) Augmenter la consommation nationale en produits laitiers ![]() Malgré les millions et les millions de dollars consacrés chaque année à la promotion des produits laitiers, les ventes dégringolent. Les prix du lait ont « frappé un mur » et les consommateurs achètent de moins en moins de produits laitiers à l'épicerie et au restaurant. Les propres statistiques de l'industrie laitière démontrent pourtant qu'il y a place pour une réduction significative des prix. À 71,64 $ le hectolitre (100 litres de lait) les prix du lait industriel ont atteint un niveau bien au-dessus des exigences du coût de production (59,56 $/hl) 07, d'autant plus que les coûts de production sont calculés en incluant un retour équitable sur l'investissement. Les prix du lait ont augmenté de 53 pour cent depuis les 12 dernières années, soit presque le double du taux d'inflation. Une première étape de la stratégie possible de l'industrie laitière serait donc de diminuer l'écart entre les prix gonflés artificiellement et le véritable coût de production pour offrir aux consommateurs une structure de prix à la baisse, susceptible de favoriser la consommation nationale. |
2) Mise en oeuvre d'une transition responsable |